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Nous l'avons découverte un soir de septembre...
photo www.tropical-music.com
D'abord se fait entendre une voix, puis elle apparait, pieds nus, de noir vêtue, éclairée par le rouge de ses lèvres.
Sa voix, profonde et lumineuse, est merveilleusement servie par une guitare portugaise, une viole de Fado et un violon.
Elle a quitté Lisbonne pour Paris il y a un an. Ce soir elle a partagé le rêve de sa ville. Un rêve que nous avons vécu dans un lieu étrange : le Magic Mirror, une sorte de tente arabo-andalouse, tapissée de velours rouge et violet, habillée de bois, de miroirs et de verre cathédrale.
Son Fado raconte sa nostalgie de Lisboa, il parle des quartiers de sa ville, il sert les mots des poètes portugais. En l'écoutant je voyais Lisbonne, ses pavés, son tramway, ses azulejos, la mer... Elle chante le visage levé vers le ciel, les yeux mi-clos, comme vivant son rêve.
Son Fado est moderne : elle n'hésite pas à faire parler les auteurs contemporains, sortant du Fado plus classique. Mais ses mots parlent toujours de nostalgie, de tristesse, de Lisboa.
Elle fût d'une extraordinaire générosité, échangeant avec le public, parlant avec les portugais présents...
Pour terminer, elle nous gratifia d'un immense cadeau : une chanson de Piaf, a cappella... Piaf était fadiste dans sa façon d'être, sa voix aurait pu servir le Fado... D'ailleurs, pour sa prochaine tournée, Misia chantera Piaf.
Il n'est pas de hasard, Porté par l'allégresse,
J'arrive au rendez-vous,
Je m'avance et je vois,
il fut long le chemin,
Ce n'est pas le hasard,
Il est des rendez-vous,
Pas de coïncidence
Allez vers son destin,
L'amour au creux des mains,
La démarche paisible
Porter au fond de soi,
L'intuition qui flamboie,
L'aventure belle et pure
Celle qui nous révèle,
Superbes et enfantins,
Au plus profond de l'âme.
Et la douceur de vivre,
De l'été qui commence
La rumeur de Paris,
Comme une symphonie,
Comme la mer qui balance.
Dans l'épaisse fumée,
Le monde me bouscule
Réfugié dans un coin,
Et observant de loin,
La foule qui ondule
Mais le choc imminent,
Sublime et aveuglant,
Sans prévenir arrive.
Que tu viens comme moi,
D'une planète invisible
Où la pudeur du cœur,
impose le respect,
La confiance sereine
Et plus tu t'ouvres à moi
Et plus je m'aperçois,
Que lentement je m'ouvre
Et plus je m'ouvre à toi,
Et plus je m'aperçois,
Que lentement tu t'ouvres.
Et les pièges nombreux,
Avant que l'on se trouve
Il fut long le chemin,
Les mirages nombreux,
Avant que l'on se trouve.
C'est notre rendez-vous,
Pas une coïncidence.
.
Etienne Daho, Corps et Armes, 2000
Parmi les opéras les plus extraordinaires figure ce "dramma giocoso" de Mozart : "Don Giovanni", créé le 29 octobre 1787, à Prague.
Le livret, signé par Lorenzo Da Ponte (alias Emanuele Conegliano, également auteur de Cosi Fan tutte en 1760 et des Noces de Figaro en 1786), offre une présentation des différents niveaux de la société du 18ème siècle.
D'une part figure la noblesse, avec Don Ottavio, Donna Elvira et Donna Anna et, d'autre part, la plèbe : représentée par Leporello (le valet), Zerlina et Mazetto (les jeunes mariés).
Pianiste de rénommée internationale, Miguel Estrella * est né en Argentine en 1939. Humaniste il choisit de jouer pour les milieux défavorisés, en opposition à l'utilisation commerciale de la musique. Ce qui déplaît aux dirigeants militaires de son pays et lui vaut d'être emprisonné, en 1977.
Sous la torture il prie : "Écoute Seigneur, j’ai fait beaucoup pour le dialogue social et je suis un enfant de Vatican II, mais je suis trop jeune pour mourir, j’ai encore deux enfants à élever, alors sauve-moi et je te promets que je ferai quelque chose de plus grand que la musique, ce sera une musique contre l’Apartheid".
La solidarité de l'ONU, de l'UNESCO, du Vatican et d'artistes comme Yehudi Menuhin, Nadia Boulanger ou Henri Dutilleux, lui permettra de retrouver la liberté en 1980.
Marqué, il fonde en 1982 Musique Espérance, association au service de la Paix, de l'Humanité, de la solidarité. Musique Espérance est reconnue par l'UNESCO en 1992.
Son but est de « Mettre la musique au service des droits de l’homme, de la dignité de chaque personne et construire la paix en rendant à la musique son rôle de communication solidaire entre les hommes et entre les peuples »
Estrella joue au Moyen-Orient, en Afrique, dans les pays de l'Est, dans les maisons de retraite, les prisons, les écoles, les usines... au bénéfice des déshérités.
En 1988 il a l'idée de créer un Orchestre pour la Paix *, groupe musical composé d'une quarantaine de jeunes artistes arabes et israéliens, sélectionnés pour leurs qualités humaines autant que artistiques. Ils sont originaires de 14 pays : Algérie, Argentine, Egypte, Etats-Unis, France, Iran, Irak, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Palestine, Tunisie, Uzbekistan.
Le premier concert fut donné en 1992. La formation présente des oeuvres de musique classique, de musique orientale et traditionnelle, ainsi que des créations d’auteurs contemporains. Les manifestations sont suivies de débats pour une meilleure compréhension des communautés arabes et juives. Ils se produisent en France, en Europe et au Moyen Orient, sous la direction de chefs d'orchestre de renommée internationale tels que Nader Abassi (Le Caire), Avner Itaï (Jérusalem) et Mohammed Sidiq (Amman).
Mes parents avaient 18 ans lorsque je suis née, dans les années 60. J'ai grandi avec leur musique : les Beatles, Piaf, Brel, Ferré, Adamo...
Ma mère écoutait le Lac des Cygnes pour faire le ménage. Elle m'amusait : comment pouvait-elle entendre avec le bruit de l'aspirateur ?
Ado, je n'avais pas le droit de sortir. C'est tardivement que j'ai découvert Pink-Floyd, Génésis, AC/DC, Bob Marley, Supertramp, Queen... Ensuite UB40, Calvin Russel, U2... Le son pop-rock, c'était MA musique. La musique classique, ce monde inconnu, me paraissait hermétique, réservé à une élite.
A 40 ans, j'ai croisé un ami qui ignorait, jusqu'à leur nom, les groupes que j'écoutais. Il avait grandi au son de la musique classique. Il m'offrit Les Variations de Goldberg de Bach, par Glenn Gould. Ce fut une révélation. J'écoutai ensuite les Partitas. J'eus l'occasion d'entendre le Requiem de Mozart à Saint-Louis en l'île : une grande émotion.
Aujourd'hui, mon compagnon m'emmène à l'Opéra pour Mozart, Verdi, Pucini...
En concert, dès les premières notes, les larmes me montent comme la musique dans une cathédrale. C'est intense. Certains Arias, comme le Gloria de Vivaldi ou le Stabat Mater de Pergolési, me font cet effet.
J'ai lu un jour un roman où l'auteur intégrait la musique à son histoire. J'ai acheté chaque morceau référé pour mieux entrer dans le texte. Ma discothèque s'est ainsi élargie de Haydn, Händel ou du violoncelle de Bach.
J'apprends la musique à travers l'émotion qu'elle me procure, souvent au hasard, tout en gardant une préférence pour le piano... grâce à Glenn Gould, à Bach ? J'ai découvert le concerto pour piano n°20 de Mozart, par Miguel Angel Estrella avec l'Orcheste pour la Paix. Un grand plaisir.
J'apprécie également cet artiste :
Lang Lang * - Mozart - Piano Sonata C Major K.330 3rd Movement